Floriculture : Le plaisir de faire pousser une fleur !

Nevine Ahmed Mardi 27 Août 2019-13:41:21 Chronique et Analyse
Floriculture : Le plaisir de faire pousser une fleur !
Floriculture : Le plaisir de faire pousser une fleur !

Les fleurs restent un classique à offrir et font toujours plaisir. La floriculture mêle le plaisir du jardinage à la rémunération du business. Les barrages de Qanater sont le milieu le plus propice à la culture des fleurs en Egypte.

 

Lorsque la foule se presse dans les expositions horticoles, elle est frappée surtout par la splendeur éclatante des coloris, par la riche variété des formes, par l’étrangeté des transformations parfois subies par le végétal sous l’influence de l’art de l’éleveur. Grâce à leur diversité, les fleurs annuelles poussent partout. En plein soleil, à l’ombre d’un grand mur, dans les jardinières, etc.

Poètes et artistes ont chanté la beauté des fleurs notamment avec l’avènement du printemps, connu en Egypte pour la beauté des couleurs des fleurs qui sont en plein épanouissement, pour effacer les traces tristes laissées par la saison hivernale.

Dans une ferme tout près d’Al-Qanater, communément appelée “La ferme d’Al-Ahali”, vous avez rendez-vous avec la beauté et l’expérience des cultivateurs. Un printemps à l’infini. Les terres dans cette région sont fertiles et propices à la floriculture. A portée de vue les fleurs aux multiples couleurs garnissent les terres avec les innombrables espèces.

L’Egypte cultive les fleurs, dont une partie couvre le marché local, alors qu’une bonne part est consacrée à l’exportation. Al-Qanater ou par excellence “Le Royaume des fleurs” est la terre la plus fertile pour leur culture.

La ferme du hadj Abdel Gawad est une des plus grandes fermes - superficie et production. Les fleurs épanouissantes donnent du plaisir à l’âme. Son fils, Ahmed, a hérité ce métier et est le principal responsable du business dans la région.

Il lâche cependant : “L’idée de ne voir les fleurs qu’au printemps est désormais du passé révolu… les fleurs sont là durant toute l’année”.

Ahmed, qui travaille dans ce métier dès son bas âge, se rappelle que par le passé, l’avènement du printemps était le temps propice à l’épanouissement des fleurs de lys, du dahlia et du gladius. A présent, la culture sous serres a permis d’effacer cette théorie pour ainsi voir les fleurs pendant toute l’année. “Grâce aux serres, les horticulteurs ont réussi à avoir une productivité pendant toute l’année”, explique Ahmed Abdel Gawad. “Les fleurs ne sont plus l’apanage du printemps”, plaisante-t-il.

Il révèle également que les prix des fleurs n’augmentent pas uniquement au printemps, comme par le passé, bien sûr à l’exception des occasions spéciales comme la Saint Valentin et la Fête des mères. A cet effet, Ahmed parle du début d’entrée des serres dans le monde de la floriculture. “Au début du millénaire, nous avons fait entrer la première serre pour cultiver des girofles. Maintenant l’affaire s’est propagée et s’est beaucoup développée pour voir un grand nombre de serres répandues à Qanater où l’on cultive toutes les espèces de fleurs”. Et Ahmed de poursuivre : “Sous ces serres, le climat est propice à la production des fleurs pendant toute l’année et cela nous a permis également de cultiver de nouvelles espèces, qui n’étaient pas encore connues jusque-là. Par le passé aussi, nous avons importé une certaine espèce de fleurs - les chrysanthèmes - connues pour leurs couleurs vivaces et agréables. Grâce aux serres, nous avons réussi à adapter ces espèces en Egypte et nous les cultivons actuellement et avons réussi à couvrir la demande locale et même à exporter avec des prix compétitifs. Le chrysanthème est connu pour être le roi des fleurs, grâce à une durée de vie allant de 15 à 20 jours”, explique toujours Ahmed.

Il affirme que la production actuelle de fleurs en Egypte couvre pleinement le marché local et s’étend à l’exportation vers les pays du monde et notamment l’Arabie Saoudite, révèle-t-il encore. “L’Arabie Saoudite est le premier importateur de fleurs d’Egypte, suivi de Dubaï (Emirats Arabes Unis), puis du Koweit”.

La ferme du hadj Abdel Gawad à Qanater est une forteresse d’horticulture, témoigne-t-on. “L’asparagus est par exemple utilisé pour faire les décorations lors des nuits de noces, il en est de même pour les Salomé, espèce de narcisse élégante utilisée pour décorer les bouquets des mariées”, souligne Ahmed.

Il parle notamment du grand effort déployé pour faire sortir cette beauté, comme donne-t-il l’image. “Derrière ce printemps à l’infini, un travail dur, assidu et de grands efforts de soin et beaucoup d’attention accordés aux fleurs pour les faire pousser et les voir éclore. Beaucoup d’outils et de matériels sont utilisés : des tonnes de plastique pour les serres coûtant des milliers de LE qui peuvent êtres gâchées à cause des tempêtes… et aussi beaucoup de démarches préventives pour protéger les fleurs des maladies et de la croissance fongique, ou des pesticides qui peuvent être destructives sans pour autant compter la flèche variante des prix conditionnés par l’offre et la demande… une tâche dure pleine de détails avant de présenter une belle fleur épanouie et reluisante au consommateur”, dit Ahmed.

Ahmed souligne cependant quelques méfaits de la culture de fleurs sous serres. “La majorité des fleurs produites sous serres ont une belle couleur mais sont sans odeur. Agréables à la vue mais beaucoup les jugent comme sans âme”, révèle-t-il puis déplore sur un ton de regret : “Les fleurs sans odeur sont agréables à la vue mais la clientèle cherche aussi l’odeur. Les fleuristes aspergent les fleurs d’odorants !”

Ahmed rêve enfin de voir sa production de fleurs à la hauteur de celles d’Ethiopie et du Kenya. “Ces deux pays sont pionniers et dominent le monde dans la culture et la production de fleurs, vu le climat qui aide à la floraison de ces créatures sensibles”, indique-t-il. Il ajoute que les Pays-Bas aussi sont connus pour la culture des fleurs, notamment les tulipes et consacrent de larges fonds pour faire des recherches agricoles relatives à la floriculture afin de la faire évoluer.

Dans un des derniers rapports du secteur agricole et de bonification des terres, les exportations égyptiennes en fleurs et en plantes de décoration ont dépassé le montant de 35 millions de dollars par an (source journal Al-Watan).

Les anciens Egyptiens considéraient que le lever du soleil commençait avec l’éclosion d’une fleur, le lotus, qui est un des symboles de la civilisation pharaonique. La maison pharaonique est toujours garnie de fleurs. Ces dernières ont toujours teinté et embaumé la vie quotidienne des Egyptiens. N’est-ce pas que l’ancien Egyptien a immortalisé cette phrase : “Je ne cueillerai point les fleurs et je ne polluerai pas les eaux du Nil” (source journal Al-Masry Al-Yom).

 

Egypte antique : Le lotus, plus qu’une fleur… un symbole !

“Qu’on l’imagine dans les mains ou sur le front des femmes, dans les bouquets montés ou sur des tables d’offrandes, en frises décoratives ou flottant sur les pièces d’eau dans les jardins, l’image de l’élégant lotus bleu est de celles que l’on associe automatiquement à la civilisation égyptienne.” (Jean-Pierre Corteggiani, L’Egypte ancienne et ses dieux, Fayard 2007)

Trois nymphéacées différentes sont habituellement répertoriées sur le sol égyptien : le lotus rose des Indes, introduit en Egypte par les Perses autour de 500 av. J.-C. ; le lotus blanc qui s’ouvre à la tombée de la nuit et est caractérisé par ses feuilles à bord dentelé, ses boutons arrondis, ses pétales étalés et son odeur forte ; le lotus bleu, avec ses feuilles à bord linéaire, ses boutons effilés en pointe et ses pétales étroits et aigus. 

C’est ce dernier - le Nymphaea caerulea, lotus ou nénuphar bleu - qui est le plus caractéristique de l’Egypte.

D’un arôme suave et doux, il s’épanouit le jour, s’ouvrant dès les premiers rayons du soleil, puis le soir venu, fermé pour la nuit, il disparaît sous les eaux dont il ne ressortira que le lendemain matin... Il est considéré par les anciens Egyptiens comme “la fleur initiale” et “le symbole de la naissance de l’astre divin”. Ainsi, lorsqu'il a terminé sa course, le soleil se réfugie dans le lotus pour replonger dans l’onde.

Et le cycle recommence ainsi chaque jour et chaque nuit, depuis la nuit des temps. Symbole de la naissance, le lotus est aussi celui de la re-naissance. Dans le Livre des Morts, cette fleur sert de support aux quatre fils d’Horus.

 

L’attrait des fleurs artificielles

Les fleurs et plantes artificielles présentent beaucoup d’attraits et ne sont plus les tristes pis-allers des végétaux naturels, d’après Marie Claire Maison. Désormais, avec les nombreux matériaux qui les composent - tissu, latex, plastique, tergal, polyuréthane – elles sont devenues très réalistes et imitent de façon confondante Dame Nature. En prime, leur durée de vie supplante celle des fleurs et plantes éphémères : jusqu’à 10 ans pour un produit de qualité, bien entretenu. Elles résistent également mieux à l’extérieur, plus robustes face à la pluie, le gel ou le vent. Sachez en effet que certains modèles, généralement en plastique, sont conçus spécialement pour être installés sur une terrasse ou dans un jardin.

L’autre atout des faux végétaux : la diversité du choix ! Pour les fausses fleurs, deux possibilités s’offrent à vous. Les fleurs en tige, vendues à l’unité, sont parfaites pour réaliser votre propre composition florale. Seconde option, des fleurs et arbustes en pot. Ils se disposent alors dans des pots remplis de polystyrène recouvert de billes d'argile, de graviers ou de quartz pour un effet encore plus réaliste. Bien entendu, le prix selon le type de modèle ne sera pas le même.

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